Accueil Economie Suspension des aides internationales au Mali : Aliou Diallo lance un appel au...

Suspension des aides internationales au Mali : Aliou Diallo lance un appel au sursaut national

0

Après le coup d’Etat d’Assimi Goita, le 24 mai 2021, les partenaires internationaux du Mali ont sanctionné le pays en mettant notamment fin aux financements, dont il dépend en grande partie. Cette situation met évidemment en péril la transition en cours. Pour permettre à celle-ci d’aller à son terme dans les meilleures conditions, Aliou Boubacar Diallo, président d’honneur du parti ADP-Maliba, propose de lancer une collecte nationale de 1000 milliards de Francs CFA.

Les partenaires internationaux lâchent le Mali

Insuffisamment diversifiée, l’économie malienne dépend fortement de l’extérieur. D’abord des transferts de la diaspora, qui représentent 6% de son PIB (17,28 milliards USD), soit deux fois plus que la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne (2,8%). Cet argent est envoyé par 4 millions d’émigrés, dont 3,5 millions vivant en Afrique (surtout en Côte d’Ivoire) et 200 000 en Europe, dont plus de la moitié en France (majoritairement originaires de la région de Kayes).

Le Mali vit aussi et surtout des aides internationales, qui proviennent essentiellement du FMI, de la Banque mondiale, de la BAD, du Club de Paris, de l’AFD et du Canada. Mais ces partenaires internationaux ont suspendu leur appui financier en mai dernier, à la suite du nouveau coup d’Etat perpétré par le Colonel Assimi Goita. Les principaux alliés dans le Sahel contre le terrorisme ont même annoncé le retrait de leurs troupes. C’est le cas de la France, qui exige le maintien de l’élection présidentielle de février 2022.

« Arrêter la perfusion du malade peut avoir des conséquences très dommageables » 

L’arrêt de toutes ces sanctions met évidemment en péril l’Etat malien. Il inquiète Bamako et de nombreux politiques, dont Aliou Boubacar Diallo, président fondateur du parti d’ADP-Maliba et candidat à la prochaine présidentielle. « La situation sécuritaire du pays s’est dégradée. Elle est de plus en plus précaire. Le Mali vit sous perfusion, aussi bien sur le plan sécuritaire qu’économique. Décider d’arrêter la perfusion du malade peut avoir des conséquences très dommageables », a estimé l’homme d’affaires dans une interview sur Radio Kledu direct, le 24 juin 2021.

Un appel national pour collecter 1000 milliards de Francs CFA

Face à ce danger, que faire ? L’ex député de Kayes pense qu’il faut une entraide nationale pour financer la transition et lui permettre d’aller à son terme. « Moi je pense qu’il faut un sursaut national. Le pays a des moyens pour se défendre, pour se développer, se stabiliser et se sécuriser. Pourquoi ne pas lancer un appel national de 1000 milliards de Francs CFA (à peu près 2 milliards de dollars USD), pour que tout le monde, tous les patriotes souscrivent à cette aide, qu’ils soient à l’intérieur du Mali ou fassent partie de la diaspora », a lancé Aliou Diallo. Cette entraide nationale pourra être sous forme de zéro coupon avec une maturité de dix ans, a précisé le dirigeant. Elle pourra même être convertible en or, à terme, car notre pays est un grand producteur d’or (5e au classement africain avec 61,2 tonnes par an).

Une méfiance entre dirigés et dirigeants

Aliou Diallo précise que « cet argent servira à financer la sécurisation du Mali, sa stabilisation et tout ce qu’on attendait de l’extérieur sur le plan budgétaire, jusqu’à la fin de la transition ». Si la volonté ne manque pas chez les Maliens, notons qu’il y a une méfiance envers les Mais gouvernants abonnés aux détournements de fonds. D’où viendra donc le déclic ? « Il faut qu’on comprenne, dirigeants et dirigés, que nous sommes tous des Maliens. Ce qui nous unit est plus fort. Nous tous, notre cordon ombilical est attaché au Mali. Maintenant, il y a des moments où on doit sortir des postures personnelles pour ne voir que l’Etat, la nation et la République », a fait savoir le PDG d’Hydroma, qui a promis de combattre sans état d’âme la corruption dès son arrivée au Palais de Koulouba.

Un Plan Marshall pour le Mali 

Dans son programme, Aliou Diallo a déjà prévu une telle contribution nationale. Elle prendra la forme d’un « Plan Marshall pour le Mali » potentiellement doté de 15.000 Francs CFA. Les fonds seront levés sur cinq ans via des emprunts d’État, des bailleurs et des partenariats privé-public. Ils serviront à la réorganisation et la modernisation de l’armée malienne, ainsi que de l’administration. Mais aussi et surtout au développement harmonieux et équitable de toutes les régions du Mali en s’appuyant sur les ressources locales. Aliou Diallo prévoit la construction de nombreux services et infrastructures : hôpitaux, écoles, centrales électriques, universités, usines, ponts, routes, etc. Enfin, les jeunes auront droit à dizaines de milliers d’emplois grâce à la création de PME. Un volet qui mettra fin au chômage endémique, à l’immigration clandestine et au terrorisme dans le pays, en est convaincu Aliou Diallo.