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ADP-Maliba : la justice confirme la mise à l’écart et l’exclusion des deux cadres renégats

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La Justice malienne a confirmé en appel l’ordonnance de 1e instance qui autorisait Aliou Diallo, le fondateur du parti ADP-Maliba à organiser le 2e Congrès du parti. Cette confirmation valide, par voie de conséquence, l’ensemble des résolutions parmi lesquelles figurait l’exclusion définitive de l’ancien président du parti, Amadou Thiam, et de son ex-secrétaire général, Sory Ibrahima Traoré. Les deux hommes avaient tenté de mettre la main sur l’appareil du parti d’opposition malien pour le faire rentrer dans le giron du gouvernement malgré le refus catégorique de la majorité des cadres dudit parti.

C’est donc la fin d’une tentative de déstabilisation de l’un des principaux parti d’opposition malien, et le retour à la normale au sein de la formation fondée par l’entrepreneur Aliou Boubacar Diallo. Une tentative de putsch institutionnelle qualifiée dans une déclaration du Président des jeunes de ladite formation politique de « procédure honteuse que certains avaient choisi de médiatiser pour affaiblir ADP-Maliba ».

L’ancien président du parti ADP-Maliba, Amadou Thiam, et l’ancien secrétaire général de la formation politique, Sory Ibrahima Traoré, avaient tenté ces derniers mois de s’accaparer la machine du parti pour en évincer les principaux cadres dirigeants dont le fondateur lui-même, Aliou Boubacar Diallo. A l’époque des faits, Amadou Thiam et Sory I. Traoré semblaient être de connivence avec certains barons du régime d’Ibrahim Boubacar Keita auxquels ils avaient promis d’affaiblir le troisième de l’élection présidentielle de 2018, l’entrepreneur Aliou Boubacar Diallo. En guise de récompense, un fauteuil ministériel avait été promis au chef d’orchestre de la manœuvre, l’ancien député Amadou Thiam. Ce dernier, malgré l’échec de son OPA sur l’ADP-Maliba, avait réussi à atterrir in extrémis dans le gouvernement où il a hérité du département explosif de la révision constitutionnelle qu’il avait lui-même combattue en 2017.

Un retournement de veste qui n’est pas passé inaperçu dans les rangs de l’ADP-Maliba a immédiatement conduit à la déchéance d’Amadou Thiam et Sory Traoré de leurs fonctions au cours du 2e Congrès du parti qui s’est tenu en avril 2019. Non contents de cette décision légale de destitution, les deux intéressés ont choisi d’entrainer à eux seuls tout le parti en Justice en vue de s’accrocher au fauteuil de chef du parti. L’objectif était d’avoir un instrument politique à faire valoir pour se maintenir dans le gouvernement.

Dès le début de la procédure judiciaire, conscient que leur poids politique au sein de la majorité dépendait d’ADP-Maliba, des proches d’Amadou Thiam auraient tenté en vain de multiples trafics d’influence afin d’obtenir une décision qui leur serait favorable. Peine perdue puisque le parti a eu gain de cause en première instance puis, de manière définitive, en appel.

Cette décision de la Cour d’Appel vient affaiblir davantage la position du Ministre Amadou Thiam dans le gouvernement. Sans plus aucune base politique, l’homme dont la renommée et la force dépendait du parti d’Aliou Diallo se retrouve esseulé dans une mission qui requiert un énorme capitale politique : la révision constitutionnelle. Dans le milieu politique et dans les cercles proches du pouvoir, on s’interroge d’ores et déjà sur la capacité réelle de ce Ministre à pouvoir tenir la route surtout après cette énième défaite judiciaire enregistrée face à ses anciens compagnons.

Au sein de l’ADP-Maliba, c’est le soulagement qui règne dans les rangs. « Nous n’avons jamais douté que le droit et la justice seraient rendus », affirme le Secrétaire Général, Me Abdoulaye Sidibé. Pour le Président des Jeunes du parti, Cheick Oumar Diallo, « l’ADP-Maliba qui avait déjà tourné la page depuis longtemps peut à présent définitivement clore ce chapitre. Merci au Camarade Président d’honneur Aliou Diallo pour avoir sauvé le parti de sa déchéance qui semblait programmée ».

L’ADP-Maliba qui devait ressortir affaiblit de cette épreuve reprend au contraire des couleurs très vives sur le terrain. Lors des rentrées politiques de Niono et de Banamba, ce sont près de 100 élus locaux qui ont rejoint les rangs du parti de l’entrepeneur malien. La jeunesse du parti n’est elle aussi pas en reste. Depuis l’élection de Cheick Oumar Diallo à leur tête, les jeunes de l’ADP-Maliba occupent massivement le terrain et annoncent même un « vaste plan de restructuration ». L’objectif : Koulouba en 2023 et l’assurance que cette victoire ne sera pas volée.