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Cameroun – Une expo gay en plein Douala

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En Cameroun, l’homosexualité n’est pas encore acceptée par la société. En effet, c’est considéré comme un délit grave qui amène les homosexuels à être insultés et rejetés par leurs voisins et leurs familles. Il faut noter que dans ce pays de l’Afrique centrale, l’homosexualité est passible d’une peine de 6 mois à 5 ans de prison ferme et d’une amende comprise entre vingt mille et deux cent mille francs CFA, l’équivalent de 30 à 300 euros, selon la loi camerounaise (article 347 bis du Code pénal). Outre le risque de se faire emprisonner, les gays camerounais sont également menacés de mort en l’exemple d’Eric Lembembe, un militant en faveur de la cause homosexuelle qui fut assassiné de façon atroce en juillet 2013.

Des dessins d’art pour soutenir la cause homosexuelle

Malgré tout cela, certains défenseurs et personnalités acquises à cette cause essaient tant bien que mal de la faire valoir aux yeux de la société camerounaise. C’est ainsi que depuis le 27 octobre, Doual’art, un espace culturel sis à Douala a organisé une exposition dénommée « Moving Frontiers, do and undo » et qui réunit plusieurs artistes internationaux dont le marocain Soufiane Ababri, un artiste polyvalent qui à travers ses œuvres affirme son engagement sur des sujets politiques tels que l’homosexualité et le racisme à la française.

Exposition : exploit pour les Camerounais

Ainsi, cette exposition initiée par l’École nationale supérieure d’art de Paris-Cergy en collaboration avec l’association Doual’Art reste un exploit dans cette capitale économique camerounaise où l’homosexualité reste un tabou absolu. Soufiane Ababri y a donc exposé des dessins à la ligne aux couleurs vivifiantes, dont un qui illustrait un jeune homme blond en train de mimer une fellation avec une banane. On peut également trouver un autre dessin représentant le président américain Donald Trump. Muni de sa casquette où est inscrite sa fameuse phrase « Make America Great Again », lui aussi est en train de manger une banane. Tandis qu’un troisième dessin, toujours expressif dans le même sens, cette fois-ci montre un noir bien gaulé en train de travailler dans une bananeraie.